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Dimanche 14 février 2010 7 14 /02 /Fév /2010 01:11
Remise à la mode d'un moyen de transmission abandonné.
Pendant la guerre de 1914-1918, le pigeon voyageur sera très utilisé sur le front.

Sources : Journal le Matin - 22 juillet 1905 et archives personnelles


Juillet 1905 - La Poste par pigeons

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Dans le concours colombophile que nous avons organisé, nous avons associé chaque épreuve sportive à une application pratique de la poste par pigeons.

M. Gaston Menier nous racontait récemment qu'en 1874, ne pouvant, à cause des règlements, faire franchir les fortifications par un fil télégraphique spécial, il eut l'idée de se relier par pigeons a ses établissements de Noisiel.

La poste aérienne fonctionnait encore en 1878, quand M. Cochery pére, alors sous-secrétaire d'Etat des postes et télégraphes, se trouvant un jour chez MM. Menier, eut une commission urgente à faire. Le fil du télégraphe manquait toujours, la loi n'ayant pas été modifiée. Le sous-secrétaire d'Etat, représentant officiel du télégraphe, eut donc la mortification de recourir a l'institution rivale, à la poste par "pigeons de M. Menier.

Huit jours après, le texte entravant la diffusion de notre réseau télégraphique avait vécu, grâce aux pigeons, qui depuis, faisant double emploi avec l'autre mode de transmission, furent supprimés.

L'ingénieuse innovation de M. Menier, c'est-à-dire la poste, inaugurée dans un établissement industriel, a encore sa raison d'être aujourd'hui.. Dans un rayon de 20 à 30 kilomètres, le pigeon voyageur est aussi sûr et plus rapide que le télégraphe. Le temps perdu pour le dépôt de la dépêche, l'attente inévitable pour sa transmission, le transport à domicile demandent cinq quarts d'heure, au minimum. Or, en vingt minutes, un pigeon franchit 25 à 30 kilomètres.

Aucun apprentissage difficile n'est nécessaire pour utiliser la poste par pigeons. Le matériel se compose de tubes porte-dépêches et de feuilles de papier pelure. En deux minutes, le premier venu peut apprendre à manipuler un pigeon et a fixer une dépêche. Une notice de quarante lignes contiendrait tous les renseignements nécessaires pour l'élevage et l'entraînement des facteurs aériens.

Avec les ressources dont notre concours vient de montrer l'existence, avec ces milliers de colombiers éparpillés sur toute la superficie de la France, la poste par pigeons peut être immédiatement créée, faciliter les relations a la campagne entre les fournisseurs et leurs clients, et doubler, pour le plus grand profit du public, notre réseau télégraphique et téléphonique.

La dépêche de notre envoyé spécial, à bord de l'Ariane, sur notre grand lâcher en mer.

L'Ariane en vue des côtes de Cornouailles — Le départ des courriers ailés — Réception enthousiaste à Penzance.

A bord de l'Ariane - colombogramme, via Penzance, 21 juillet. — Dépêche de notre envoyé spécial. — l'Ariane s'arrête à Penzance, entre le cap Lizard et le cap Land-send. Elle repartira cette nuit, de manière à se trouver à quatre heures du matin au point où doit être effectué notre grand lâcher.

Nous avons rencontré hier soir, devant Cherbourg, une division de croiseurs filant vers l'ouest. La nuit s'est passée sans incident. Comme les peuples heureux, l'Ariane n'a pas d'histoire.

Trois mille messages(1) sont partis entre quatre et six heures, portant à nos lecteurs les voeux du Matin. Les pigeons prenaient sans hésiter, sans même décrire un cercle autour du yacht, la direction du colombier. Les mouettes, assez nombreuses dans ces parages, intriguées sans doute de voir ces hôtes inaccoutumés parcourir leur domaine, ont à plusieurs reprises essayé de poursuivre nos courriers ; mais le vol gracieux autant que soutenu de l'oiseau de mer ne peut rivaliser avec le vol rapide des pigeons, en quelques coups d'ailes nerveux, ces derniers distançaient les mouettes.

Jusqu'à sept heures du matin, nous n'avons rencontré que des voiliers et des bateaux de pèche. Lorsque ensuite nous avons suivi la grande route de la mer du Nord et de la Manche à New-York, des cargos, des pétroliers, des steamers ont été constamment en vue.

A huit heures, les fumées d'une escadre anglaise, probablement, paraissaient à l'horizon. Une violente canonnade, perçue assez distinctement, indique que d'importantes manœuvres navales ont lieu sur la cote de Cornouailles.

L'arrivée de l'Ariane en vue de la jolie plage de Penzance, le Trouville anglais, est un événement. Nous sommes entourés par une nuée d'embarcations. Les Anglais s'intéressent vivement a nos petits messagers, qu'ils aperçoivent dans les paniers, amoncelés sur le pont, et nous souhaitent de la façon la plus aimable un éclatant succès. Le temps est d'ailleurs superbe.

Une légende de Cornouailles dit que. dans ces parages, de méchants lutins, des Korrigans, prennent à tâche d'égarer les voyageurs. Nous avons fort heureusement placé nos expériences sous le patronage d'Ariane, la fée de l'orientation : nos pigeons retrouveront sans peine le chemin du retour.



(1) Ces trois mille messages transmis par pigeons ont été mis sous carte-enveloppe et envoyés de Cherbourg aux abonnés du Matin, le lendemain 23 juillet.

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Dans la petite enveloppe collée sur la carte postale, avait été glissé un "colombogramme" sur papier pelure ultra-fin, comportant ce message :

1905-07-22_colombophil_001.jpg
Le souvenir des épreuves colombophiles de 1905 a été conservé...

Par Pierre - Publié dans : Publicité et sponsoring - Communauté : Histoire de la presse français
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