Pourquoi ce blog sur le Matin?

Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /Jan /2010 01:49
Quatre 'unes' du Matin : un monde qui bascule des belles années presque insouciantes du début du siècle à l'antichambre de l'enfer.

22 juillet 1914 - L'affaire Caillaux.

Un fait divers à sensation comme la presse en raffole, avec tous les ingrédients nécessaires pour passionner les lecteurs : politique, adultère, meurtre, et procès-fleuve qui se termine par un acquittement. Le Matin, comme la plupart de ses confrères, mise sur un sujet qui fait vendre beaucoup de papier. De quoi faire oublier que des bruits de guerre montent en plusieurs coins de l'Europe.

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En savoir plus sur l'affaire Caillaux



1er août 1914 - Pourquoi ont-ils tué Jaurès ? - Mobilisation générale
.

La guerre est imminente. Des négociations, mais qui croit qu'elles ont une chance d'aboutir ? Il y a trop d'années que la revanche de 1870 est attendue et préparée. Couvert par le bruit des bottes, l'assassinat de Jean JAURES passe presque inaperçu.

Le Matin publie plusieurs éditions ce mardi 4 août. L'édition normale

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et une édition spéciale

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4 août 1914 - La guerre

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Par Pierre - Publié dans : A la une du Matin - Communauté : Histoire de la presse français
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Lundi 25 janvier 2010 1 25 /01 /Jan /2010 16:47
En 1899, une campagne de publicité du Matin pour une souscription nationale permet de rassembler les fonds nécessaires à la construction de deux sous-marins militaires, "le Français" et "l'Algérien".

Les premiers sous-marins

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En janvier 1899 — au lendemain de Fachoda — une curieuse expérience avait eu lieu en Méditerranée. L'escadre était allée manœuvrer au large des îles d'Hyères et elle avait été suivie dans ses évolutions par un bateau en tôle d'acier de 48 mètres de long, mû par l'électricité et naviguant tantôt à la surface de l'eau, tantôt dans la profondeur même de la mer. C'était le premier sous-marin qu'on ait vu en escadre, c'était le Gustave-Zédé.

« Tout le monde, a raconté plus tard M. Edouard Lockroy, ministre de la marine, avait les yeux fixés sur la mer. On se figurait découvrir le sous-marin partout. Il n'était nulle part. L'énervement de l'attente gagnait l'équipage quoiqu'il s'agît d'une manœuvre inoffensive, et je pensais, en constatant cela, aux angoisses qui tortureraient les plus braves matelots, les officiers les plus éprouvés en cas de vraie guerre, quand ils auraient à craindre l'approche d'un de ces invisibles adversaires... Tout à coup on aperçut, pendant quelques secondes, la mince coupole du Gustave-Zédé à 400 mètres de nous, par notre travers... Et nous vîmes, l'amiral et moi, venir vers nous, entre deux eaux, un corps allongé, brillant comme de l'or, rapide comme la foudre : la torpille du Gustave-Zédé. Elle frappa le navire à quatre mètres environ au-dessous de sa ligne de flottaison et elle écrasa sur la muraille de fer son cône d'épreuve avant de couler à fond. Si elle avait été chargée, le Magenta aurait été coulé. »

L'expérience avait superbement réussi.

Or, on était à une époque où la menace d'une guerre maritime avait frôlé le pays, et on était à une époque aussi où le pays était cruellement divisé en deux parties adverses.

Alors, Le Matin s'adressa à la foule et lui dit :

— Démontrons au monde entier que nous pouvons bien nous attaquer, nous déchirer, nous calomnier les uns les autres, mais que l'union se refait entre nous, intime et profonde, dès qu'il s'agit de la défense du sol natal. Un magnifique engin de défense vient d'être découvert ; dotons-en le pays. Nous avons actuellement en tout et pour tout un sous-marin. Que tous les bons Français s'entendent et se cotisent pour permettre qu'on en construise tout de suite un second !... La machine législative est lente. La machine parlementaire est molle. Stimulons l'énergie du gouvernement et l'activité du Parlement...

Le Matin ajoutait :

— Nous n'avons pas coutume d'ouvrir de souscriptions et même pour des oeuvres charitables, nous ne tendons pas la main. Mais il s'agit cette fois d'une œuvre nationale. Le ministère de la marine n'a pas, paraît-il, les 300.000 francs qui sont nécessaires pour construire un sous-marin. Donnons-les lui d'un geste prompt. Donnons-les lui d'un seul cœur...

Et l'or afflua aussitôt de partout. Il afflua sans distinction d'origine ou d'opinion politique. Dans la première liste, le nom de M. Raymond Poincaré voisinait avec celui de M. Boni de Castellane, et dans la seconde, celui de M. Paul Déroulède figurait à côté de celui de M. Joseph Reinach. La Ligue des Droits de l'Homme envoyait son offrande en même temps que la Ligue des Patriotes.

En quinze jours, Le Matin avait réuni de quoi acheter non pas un, mais deux sous-marins.

Et le 2 mars 1899, M. Edouard Lockroy, alors ministre de la marine, adressait au directeur du Matin la lettre que voici :

« Cher Monsieur,

» Je remercie Le Matin, je vous remercie d'une aussi patriotique initiative; je vous prie de remercier tous vos souscripteurs, grands et petits, qui, préoccupés de la défense navale, plaçant la Patrie au-dessus de toutes les questions qui nous divisent, ont collaboré à cette œuvre nationale.

» Je vais donner des ordres pour que le Français et l'Algérien soient le plus tôt possible mis en chantier.

» Agréez, etc..

» Edouard Lockroy. »

Les deux bateaux étaient, en effet, aussitôt mis en chantier. Le 30 janvier 1901, le Français était lancé; l'Algérien l'était quelques jours plus tard. Leurs équipages à tous deux se composaient de huit hommes. Le lieutenant de vaisseau Dartige du Fournet commandait le Français; le lieutenant de vaisseau Fadie, l'Algérien. Un peu avant qu'ils entrent en service et soient admis au rang de bataille, à côté de leurs frères aînés, le Gustave-Zédé et le Morse, M. Emile Loubet, président de la République, allait les visiter tous deux et publiquement, dans un discours adressé au directeur du Matin, il proclamait :

» Le Matin a fait œuvre utile pour le pays en rassemblant des souscriptions qui valent plus par leur signijication morale que par leurs résultats matériels. La France est, en efjet, assez riche pour assurer les frais de sa dépense, mais, ce que vous avez eu raison de faire, c'est de rassembler toutes les bonnes volontés et d'élever les cœurs. On est assez enclin à médire de la presse, mais il est juste et légitime de dire tout le bien qu'on en pense quand elle entreprend des œuvres comme celles du Matin. »

C'était la meilleure récompense que pouvait avoir Le Matin.



Texte de Stéphane LAUZANNE, rédacteur en chef du Matin,  dans "Le Matin, un grand journal français - Son organisation, sa puissance, son action.
Par Pierre - Publié dans : Publicité et sponsoring - Communauté : Histoire de la presse français
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Lundi 25 janvier 2010 1 25 /01 /Jan /2010 00:46
Le prix d'instruction religieuse d'Alexandre MILLERAND

"Fils spéciaux avec la Préfecture de Police, l'égoût et le Ministère" dit le caricaturiste à propos de Maurice BUNAU-VARILLA (voir cette page) : sa méthode de journalisme était souvent basée sur la pêche au sensationnel !
 
Dans le dossier "Bunau-Varilla" aux Archives Nationales (cote 18 AR 2), parmi les papiers concernant Alexandre MILLERAND, une petite feuille manuscrite m'a semblé un bon exemple d'une méthode journalistique qui va rechercher le sensationnel au fond des poubelles.

Alexandre MILLERAND, après avoir occupé à partir de 1894 plusieurs postes ministériels (Affaires Etrangères, Guerre en août 1914, Travaux Publics, Commerce, Postes et Télégraphes), devient le 12ème Président de la République Française, du 23 septembre 1920 au 11 juin 1924 (IIIème République).

C'est une période où la laïcité est un facteur essentiel de la vie politique française. Alexandre MILLERAND, un des premiers à se reconnaître "socialiste", se dit agnostique.

Alors, pour un journalisme qui pêche volontiers en eaux troubles, ce prix d'instruction religieuse obtenu au Lycée de Vanves, c'est du nanan !

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Je n'ai pas pu vérifier si cette information avait été utilisée dans un article du Matin, où si elle avait seulement été conservée par Maurice BUNAU-VARILLA, au cas où...
Par Pierre - Publié dans : Méthode journalistique - Communauté : Histoire de la presse français
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Samedi 16 janvier 2010 6 16 /01 /Jan /2010 23:24
A une époque où le mot 'publicité' existe à peine et où la réclame est la principale méthode pour faire connaître une marque ou un produit, le journal Le Matin a une longueur d'avance sur ses concurrents.

Aujourd'hui, personne ne s'étonne de voir un chanteur faire de la publicité pour une marque de lunettes.

En 1902, le Matin faisait appel aux vedettes de la scène pour promouvoir son propre titre :

Mme Jeanne RAUNAY, de l'Opéra-Comique
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Jeanne RAUNAY sur le Net
 Mme Meyriane HEGLON, de l'Opéracartes pub 003
Meyriane Heglon sur le Net
 Mlle Louise GRANDJEAN, de l'Opéra
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autres images de Louise GRANDJEAN (L'Illustration)
 Mlle Lucienne BREVAL, de l'Opéra
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Lucienne BREVAL (Wikipédia)

et pour rendre le message plus efficace, quelques lignes autographes ne sont pas de refus.

La sincérité du propos ? Qu'en pensez-vous ?

cartes pub 001 Mille fois merci, cher Monsieur, à l'avenir je ne lirai plus que le Matin. Avec tous mes remerciements encore, et mes meilleurs compliments. M. Héglon

Au verso : Monsieur POIDATZ, Directeur du Matin, 6 Boulevard Poissonnière, Paris. Le cachet de la poste est du 24 mai 1902
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La lecture du Matin m'est maintenant devenue si nécessaire, que je me demande comment je ferais pour me passer de ses informations si complètes en leur variété. - Jeanne RAUNAY

Par Pierre - Publié dans : Publicité et sponsoring - Communauté : Histoire de la presse français
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Samedi 16 janvier 2010 6 16 /01 /Jan /2010 11:25
1900-03-10 metro paris 001Les "suppléments illustrés" du Matin racontent en images la France de la première moitié du 20ème siècle.

Celui du 10 mars 1900, consacré au Métro de Paris, dont la première ligne est en construction, constitue un modèle du genre.
 
Les photos sont signées Léon GAUMONT, au début d'une belle carrière. Le texte est de H. DENGLOS "l'un des gérants".
 
  La conclusion mérite le détour.



Oh ! Parisiens nos frères, combien vous chérirez d'une affection plus satisfaite votre jolie et grande ville lorsque le problème de la circulation y sera résolu de manière si agréable et si confortable, lorsque, avec la rapidité de l'éclair, vous pourrez la parcourir en tous sens, et vous trouver transportés, sans y penser, là où vous appellent vos plaisirs ou vos affaires, lorsque vous serez affranchis de la tyrannie des cochers de fiacre ou de la lourde et lente locomotion des omnibus, avec les perpétuels arrêts et la déception de l'inexorable " complet " !

Le Métropolitain est un inappréciable bienfait pour la population de Paris. Il est assez élégant pour ne pas déparer une si attrayante capitale et pour plaire aux gens du monde. Il est assez rapide pour supprimer toute distance. Il est assez agréable pour supprimer tout ennui de voyage.

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Bientôt, grâce à lui, il ne manquera plus rien à notre Ville pour être celle où il est le plus doux de vivre ! Les travaux seront achevés vers le ler juin, et bientôt la ligne entrera en exploitation. Ainsi les deux promenades chères aux Parisiens seront reliées l'une à l'autre, et, sans fatigue, l'amateur parisien des bois pourra déjeûner sur l'herbe de Saint-Mandé et dîner à l'ombre des futaies du Bois de Boulogne.

Les quartiers industrieux et commerçants de l'Est de Paris auront communication instantanée avec les riches hôtels de l'Ouest, les Palais des Champs-Elysées, les avenues voisines de l'Etoile.

Il n'y a plus de distances !

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1900-03-10 metro paris 006 On se plaint, à bon droit, pour les relations d'affaires, de l'extrême lenteur du téléphone, et aussi de la tardive transmission des dépêches par tube. Si, suivant le proverbe anglais ' le temps est de l'argent ', que d'argent perdu !

Mais, qu'est-ce que le Métropolitain, sinon un grand tube qui lancera, à travers l'espace, non les cartes télégraphiques, mais les personnes elles-mêmes ?

Vous aurez aussitôt fait de vous faire envoyer, sur l'aile de l'électricité, du Faubourg Saint-Antoine à l'Avenue du Bois de Boulogne et vice versa, que de tourmenter vainement le grelot du téléphone et d'arracher ces demoiselles à leurs charmants entretiens. Sans compter qu'une courte entrevue est plus efficace, pour l'achèvement d'une affaire, que toutes les conversations télégraphiques ou téléphoniques.

Le Métropolitain commencera à circuler au moment où il sera le plus désirable, c'est-à-dire lorsque l'Exposition battra son plein.

Alors nos grandes artères seront dégagées d'un excédant de voyageurs, en un sens et dans l'autre ; alors nos rues deviendront praticables, et nos cochers peut-être complaisants.

Car le Métropolitain est le mode de locomotion à la fois le plus rapide et le plus agréable. Le nombre de voyageurs qu'il pourra transporter chaque jour est incalculable.

Bientôt viendra le jour où toutes les gares de Paris, où tous les quartiers seront ainsi réunis dans ce réseau souterrain. Les Parisiens devront toute leur reconnaissance à ceux qui les auront dotés de cet invisible et merveilleux outil, indispensable à toute ville grande, populeuse et soucieuse de sa beauté.

1900-03-10 metro paris 003 Encore quelques années, et le Métropolitain sera passé tellement dans les mœurs qu'on aura peine à se figurer Paris tel qu'il était avant la construction de son réseau souterrain. De même, nous ne pouvons qu'à grand'peine nous imaginer Paris avant les tramways, les omnibus et les chemins de fer.

Un jour viendra aussi où toute grande ville voudra posséder son chemin de fer électrique souterrain.

C'est en notre capitale que le problème a été, pour la première fois, résolu.

Le Métropolitain de Paris est un modèle qui sera imité.





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Par Pierre - Publié dans : Numéros spéciaux - Communauté : Histoire de la presse français
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  • Culture histoire passion charente-maritime
  • Passionné d'histoire et d'informatique, j'ai créé mon premier site d'histoire locale en 2001, puis une bonne douzaine depuis, dont 'Histoire Passion' http://www.histoirepassion.eu, le plus abouti de tous.
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